Collège

(pédagogie) La coopération entre élèves, Sylvain Connac – fiche de lecture 1/2

Me revoilà aujourd’hui pour partager avec vous la fiche de lecture que j’ai commencée aujourd’hui même sur  La coopération entre élève de Sylvain Connac aux éditions Canopé. Vous étiez quelques uns à m’avoir demandé un retour, je vous le donne donc de manière assez détaillée. 

Me concernant, pour le moment, je trouve cet ouvrage assez intéressant car il fait le lien avec Travailler en îlots bonifiés de Marie Rivoire que j’ai lu en Juillet ou Août dernier. Un seul défaut peut-être ? C’est un ouvrage plus théorique que pratique, même si l’on y trouve quelques pistes intéressantes.

Préface

L’ambition de l’Education Nationale, quand on parle de coopération, n’est pas seulement de mieux transmettre les savoirs mais surtout de favoriser l’émergence « d’un homme nouveau prêt à s’impliquer dans une société idéale de respect et de paix, de complémentarité sereine entre de sujets parmi lesquels pourra enfin régner la justice. »

Introduction

Les triples objectifs de la coopération entre élèves :

  • optimiser l’engagement des élèves dans les activités,
  • participer à la prise en compte inclusive et la diversité des élèves,
  • développer des valeurs chez les élèves : solidarité, altruisme, responsabilité.

Qu’entend-on par coopération ?

La coopération entre élèves active l’altruisme car cela répond à deux aspirations complémentaires : « le désir d’être soi et celui d’être avec autrui ». En classe, elle se perçoit comme un élément pédagogique puisque c’est un moyen intéressant pour faciliter les apprentissages.

« Or se sentir reconnu et capable de réussir correspond à l’une des conditions de l’acte d’apprendre. »

« C’est donc au sein de groupes ordinaires, pendant les temps de classe et sans étiquetage stigmatisant, que la prise en compte de la diversité des élèves se montre la plus pertinente et que la coopération trouve sa place ».

page 21 du livre

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Finalement,  lorsque les élèves coopèrent, ils ont la sensation de se sentir utile et cela les valorise. L’hétérogénéité des élèves n’est alors plus un poids mais plutôt une force et une richesse « sur laquelle s’appuie la coopération pour dégager du profit cognitif partagé ».

Dans la coopération, les partenaires sont « mutuellement dépendants » alors qu’avec la collaboration, « il y a un partage d’intérêt qui peut être à la fois solidaire et égoïste. ».

On distingue quatre formes de relations coopératives :

  1. L’aide

L’aidant se positionne en tant qu’expert possédant plus de compétences que l’aidé. Il faut que cette relation soit à l’initiative de l’aidé, c’est-à-dire qu’un élève demande de l’aide à un autre élève. Sinon, cela ne fonctionnera pas.

Il est important de se rappeler que l’aide doit être pertinente c’est-à-dire qu’elle doit correspondre à la demande de l’élève. Il est inutile de faire un étayage long et fastidieux si ce n’est pas ce que l’élève demande.

Bien entendu, nous ne sommes pas dans l’idée de lui donner les réponses mais dans l’idée de l’aider à créer un cheminement le menant vers la réponse.

« L’intervalle de temps entre la demande et l’aide doit être relativement court, l’aidé doit comprendre l’explication donné et il doit avoir l’occasion d’utiliser les explications que l’aidant lui a données pour résoudre le problème d’origine et d’autres problèmes similaires (…) Devancer une demande d’aide par une intervention non souhaitée serait participer à l’assistanat des élèves. »

2) L’entraide

L’entraide se définit de la manière suivante : « des personnes de même niveau cognitif, dont les statuts sont équivalents, sont capables de travailler ensemble dans un but commun. » L’entraide favorise l’amélioration des comportements sociaux. Bien souvent, les groupes d’entraide sont homogènes et cela n’est pas stigmatisant puisque les élèves se sont eux-mêmes mis ensemble.

3) Le travail en petit groupe

Un « petit groupe » est composé de trois à six membres. L’idée générale est de conduire « chaque élève à exprimer, échanger et confronter ses conceptions spontanées avec d’autres. ». Il faut donc être capable de s’exprimer, de prendre en compte la prise de parole des autres et dépasser ces différences pour parvenir à une réponse commune.

Ce conflit socio-cognitif est nécessaire pour la construction de nouvelles connaissances ou le développement de compétences. Cette démarche se rapproche du courant pédagogique du socioconstructivisme car « le groupe de travail n’a de raison d’être que s’il est pour chaque participant un lieu et un moyen de faire des acquisitions intellectuelles ».

Roger Cousine proposait une méthode de travail en groupe suivant trois règles:

  1. Laisser les enfants se grouper librement;
  2. Ne jamais intervenir pendant qu’un groupe est au travail;
  3. Accompagner la correction du travail par les enfants. L’enseignant est alors organisateur puis observateur, il n’intervient que sur demande.

La démarche du travail en groupe peut dépasser l’organisation d’un seul groupe mais les groupes peuvent s’apporter des connaissances les uns aux autre. Des interactions entre tous les groupes sont possibles, ainsi, à la fin de la séance, chaque groupe pourra bénéficier des apports des autres groupes et les connaissances se construiront de manière collaborative. Ce dispositif développe la solidarité entre élèves puisque chacun est responsable de la réussite des autres.

4) Le tutorat

« Le tutorat réunit deux personnes de niveaux de compétences inégaux, où celui qui sait accompagne celui qui ne sait pas encore jusqu’à ce qu’il devienne autonome dans le domaine sollicité. Le tutorat revêt un cadre formel dans lequel la compétence et l’objectif de travail sont prédéterminés. »

« Pour devenir tuteur, l’enfant doit bien sûr maîtriser la compétence travaillée, mais surtout être capable de la traduire et de la transmettre en étant à l’écoute du tutoré. »

 

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Comment organiser le travail en groupe et l’entraide ?

Risques de dérives majeures :

  1. Dérive chronophage
  2. Enlisement dans de l’affectif émotionnel
  3. Trop de désordre dans la classe, trop de bruit, assez pour gêner la concentration de chacun.
  4. Asymétrie : seuls les élèves les plus compétents s’engagent dans l’activité et les autres attendent.
  5. Primarisation : que les élèves confondent tâche (la réalisation matérielle) et l’activité (activité cognitive vers les apprentissages).

Rappel : « La tâche se définit par un but dans des conditions déterminées, c’est ce que l’on doit réaliser. L’activité est plutôt la manière dont un sujet s’approprie la tâche et l’effectue. »

L’objectif didactique du travail de groupe est de faire basculer les élèves du stade de « l’incompétence inconsciente » à un stade d’ « incompétence consciente ». Ainsi, les apports donnés par l’enseignant seront plus efficaces cognitivement puisque l’enseignant répondra aux questions que l’élève se pose.

« Le travail en groupe est donc moins pertinent pour la mémorisation, mais l’est plutôt pour la compréhension, premier processus de l’acte d’apprendre ».

Pages 48-49 du livre :

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La constitution des groupes

Un groupe entre trois et six membres semble parfait. Les échanges en binôme ou en trinôme sont souvent infructueux. Et au-delà de six, tous les élèves ne sont plus actifs dans le groupe et des tensions peuvent se créer.

Plusieurs pistes pour composer les groupes:

  • Constituer des groupes de besoin
  • Laisser les élèves s’associer par affinités
  • Regrouper les élèves en fonction de critères précis (mixité, homogénéité ou hétérogénéité des niveaux)
  • Tirer au sort.

On ne peut pas interdire à un élève de travailler seul. Toutefois, si l’élève demande de l’aide aux membres du groupe, il faudra alors lui rappeler qu’il a demandé à travailler seul. L’idée étant de voir avec lui les avantages du travail de groupe.

La présentation des consignes

Il faut consacrer du temps à la présentation des consignes. Il faut perdre du temps pour en gagner ensuite.

Il faut respecter trois repères:

  • des termes univoques
  • des verbes d’action
  • des critères de réussite.

Déroulé possible pour donner les consignes:

  1. Après avoir obtenu l’écoute de tous, énoncer la consigne et la justifier.
  2. La présenter oralement mais aussi sur un support écrit.
  3. Préciser la durée du travail
  4. Répondre aux questions des élèves.
  5. La faire reformuler par un ou deux élèves.
  6. La compléter si besoin.

Les étapes du travail de groupe

  1. Un temps court de réflexion individuelle (en silence, sans interaction)
  2. Un temps de travail en groupe.
    • Chacun doit se poser des questions et essayer d’y répondre : pas seulement les plus forts.
    • Chacun doit apprendre : ne pas être d’accord est intéressant.
    • Chacun doit se sentir en sécurité : les erreurs ne sont pas des fautes (on ne se moque pas)
    • Chacun peut donner son avis
    • Chacun respecte la concentration des autres
    • Chacun doit progresser.

3) Un temps bref de synthèse à partir des remontées des secrétaires.

4) Une synthèse et une conclusion formelle à partir du travail précédent des groupes et apportant des réponses au problème étudié.

5) Une évaluation interne du fonctionnement de chaque groupe.

Pages 56-57 du livre

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Voilà, j’espère que cette fiche de lecture vous aura apporté des éléments intéressants. Bien entendu, je vous invite à vous procurer l’ouvrage sur le site Canopé ( cliquez ici ). C’est d’autant plus intéressant qu’en PDF, l’ouvrage coûte moins de 4 euros !

Challenge·Chroniques - livres

Pumpkin Autumn Challenge – Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, J.K Rowling (Illustrations de Jim Kay)

Et une dernière lecture pour le Pumpkin Autumn Challenge qui me semblait coïncider parfaitement avec la date du jour. Il s’agit d’une énième relecture d’Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban de J.K Rowling. Cela rentre donc dans la catégorie « Automne Frissonnant » et dans la sous-catégorie « Prenez garde aux souliers pointus« 

Je n’ai pas sorti mon vieux livre d’Harry Potter pour le challenge. J’ai préféré prendre mon magnifique album illustré par Jim Kay. Je vais en profiter pour vous montrer quelques illustrations lors de cet article ! Harry Potter et la Coupe de feu est sorti il y a quelques jours et j’ai hâte que Noël arrive…

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Résumé : Sirius Black, le dangereux criminel qui s’est échappé de la forteresse d’Azkaban, recherche Harry Potter. C’est donc sous bonne garde que l’apprenti sorcier fait sa troisième rentrée. Au programme : des cours de divination, la fabrication d’une potion de Ratatinage, le dressage des hippogriffes… Mais Harry est-il vraiment à l’abri du danger qui le menace ?

 

 

Mon avis : Je fais partie de cette génération qui a grandi avec Harry Potter et qui a attendu la sortie des derniers tomes (5, 6 et 7) avec une impatience non dissimulée. Dans les couloirs du lycée, je mettais même de la musique dans les oreilles afin d’éviter tout spoiler qui aurait pu m’agacer.  Pourtant, ce ne sont pas les derniers mes préférés même s’ils sont plus sombres, moins enfantins que les premiers.

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J’ai toujours eu une adoration pour le troisième tome. C’est un peu mon doudou réconfortant que je ressors à chaque période de Toussaint. Dans ce troisième volet de la série, Harry a grandi et une nouvelle menace pèse sur lui. Seulement, cette menace est plus personnelle car elle est liée au passé de ses parents et au décès de ceux-ci. Justement, c’est cette dimension plus personnelle qui m’avait énormément plu à l’époque. J’aimais le fait qu’on en apprenne un peu plus sur Lily et James Potter. J’ai aimé le fait que Severus Rogue prenne un peu plus d’ampleur dans ce tome et qu’il nous montre les liens (ou plutôt les tensions) qu’il y avait avec James.

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Qu’il est bon de se replonger dans ce roman qui, certes est un roman jeunesse, mais qui a bercé une majeure partie de mon adolescence.

Je comprenais la colère d’Harry, l’envie de ne pas suivre le règlement, l’envie de faire ce que bon lui semblait et d’envoyer bouler quiconque cherchait à ternir la mémoire de ses parents.

Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban représente aussi pour moi le tome de la révolte.

Harry commence à comprendre dans quelles circonstances ses parents sont morts et peu à peu la colère s’insinue en lui et le tiraille au point d’éclater.

Si vous ne l’avez pas lu, je vous le conseille plus que vivement. C’est un vrai bonheur de le relire et les illustrations de Jim Kay sont à tomber.

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Challenge·Chroniques - livres

Pumpkin Autumn Challenge – The wicked deep, Shea Ernshaw

Et me voilà pour mon dixième livre du Pumpkin Autumn Challenge. Cette fois-ci, c’est dans un univers de sorcellerie et de revenants que nous sommes plongés. Ainsi, nous rentrons dans la catégorie « Automne Frissonnant » et dans la sous catégorie « Les os/eaux de Davy Jones » et cela tombe d’autant mieux qu’il y a une histoire d’eau là-dedans !

Et oui c’est bien The wicked deep de Shea Ernshaw que je vais vous présenter aujourd’hui.

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Résumé : C’est une histoire de vengeance… Il y a près de deux siècles, Marguerite, Aurora et Hazel Swan, trois jeunes femmes belles, libres et indépendantes, furent accusées de sorcellerie par les habitants de la ville de Sparrow. Des pierres accrochées aux chevilles, les trois sœurs furent noyées. Exécutées. Depuis ce jour, chaque année au mois de juin, les sœurs Swan sortent des eaux de la baie pour choisir trois jeunes filles, trois hôtes. Dans le corps de ces adolescentes, Marguerite, Aurora et Hazel reviennent se venger. Et cette année encore, Penny le sait, alors que les touristes afflueront, on retrouvera des cadavres de jeunes hommes sur la plage… Car cette malédiction, rien ne semble pouvoir l’arrêter.

 

Mon avis : C’est assez rare que je lise des récits sur des revenants ou sur des sorcières. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que je suis un peu trouillarde sur les bords et aussi que j’aime bien rester dans ma zone de confort. Pour autant, je ne peux pas dire que ce roman m’ait particulièrement fait peur. Je l’ai même dévoré en quelques jours. A l’instar de l’attraction que provoquent les Swan Sisters sur les hommes, j’ai été captivée par ce récit. Il m’était bien difficile de le lâcher car j’avais de plus en plus envie de savoir où cette intrigue allait nous mener.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Penny et ce d’autant plus que le point de vue du narrateur est le sien. On a l’impression de vraiment rentrer dans sa tête et de vivre les évènements en même temps qu’elle. C’est tout l’avantage de ce point de vue interne que j’affectionne tant quand il est bien écrit. Un personnage qui m’a peut-être moins plu, c’est Bo. J’aurais aimé qu’il soit un peu plus creusé. On a la sensation qu’il change un peu rapidement d’avis en faisant table rase du passé. Finalement, je ne le trouve peut-être pas assez rancunier, pas assez humain sur certains aspects et c’est bien dommage.

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Difficile de trop parler sans vous dévoiler quelque chose que je ne voudrais pas vous dire. Sachez juste que ce roman fait une entrée assez intéressante dans le fantastique, bien que le doute étant levé à un moment donné, il est compliqué de continuer à l’appeler du fantastique. J’ai aimé cette atmosphère un peu inquiétante, cette peur qui prenait tous les habitants de Sparrow tout en sachant pertinemment que cette malédiction était aussi une bénédiction puisqu’elle leur apportait quelques semaines dans l’année, des cars entiers de touristes, adeptes de ce tourisme macabre. Finalement, si la ville de Sparrow n’a pas été engloutie ou oubliée par le temps, c’est bien grâce à ces touristes qui aiment venir se faire peur une fois l’an. C’était un thème très bien traité et pour le coup, très intéressant ici.

Ma prochaine lecture ? J’ai une folle envie de me relire Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban…!

 

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Pumpkin Autumn Challenge – L’enchanteur, Barjavel

De retour avec une nouvelle lecture terminée. En un peu moins de dix jours, j’ai pris le temps de lire L’enchanteur de Barjavel. Il rentrait dans la catégorie « Automne enchanteur » et dans la sous-catégorie « Mon voisin le Kodama » puisque ce roman traite de la légende arthurienne.

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Résumé : Qui ne connaît pas Merlin ? Il se joue du temps qui passe, reste jeune et beau, vif et moqueur, tendre, pour tout dire Enchanteur. Et Viviane, la seule femme qui ne l’ait pas jugé inaccessible, et l’aime ? Galaad, dit Lancelot du Lac ? Guenièvre, son amour mais sa reine, la femme du roi Arthur ? Elween, sa mère, qui le conduit au Graal voilé ? Perceval et Bénie ? Les chevaliers de la Table Ronde ? Personne comme Barjavel, qui fait le récit de leurs amours, des exploits chevaleresques et des quêtes impossibles, à la frontière du rêve, de la légende et de l’Histoire.Dans une Bretagne mythique, il y a plus de mille ans, vivait un Enchanteur. Quand il quitta le royaume des hommes, il laissa un regret qui n’a jamais guéri. Le voici revenu.

Avis : J’ai beaucoup hésité avant de me lancer dans cette lecture. Peut-être était-ce le nombre de pages, sans doute était-ce l’édition. J’ai toujours eu du mal avec les éditions Folio. Ils font de bons livres, de bonnes préfaces, de beaux visuels…Mais j’ai énormément de mal avec la police d’écriture que je trouve petite et pas toujours agréable à lire.

Bref, revenons-en à nos moutons. J’ai beaucoup apprécié ma lecture. Grâce à Barjavel, que je ne connaissais que de nom, je me suis plongée dans la légende arthurienne. Étant professeure de lettres, je maîtrise à peu près ces textes même si je ne suis pas au fait avec tous les personnages. J’ai apprécié le fait de tous (ou presque tous) les retrouver dans un seul et même récit et non pas dans les moult récits qui existent autour des différents chevaliers. Cela m’a permis de me replonger dans les amours adultères de Guenièvre, de découvrir dans le détail le personnage de Merlin mais aussi celui de Viviane.

Ce qui m’a aussi maintenue captive et attentive dans cette lecture, c’est la plume de Barjavel. Un vrai bonheur. Avec des termes ni trop compliqués, ni trop simples, des phrases qui n’étaient pas trop ampoulées. Son style glissait entre les lèvres tout en nous réjouissant par de nombreuses images bien choisies. Par sa plume, c’est aussi sa manière de percevoir le monde qui nous était peinte. Une vision du monde à la fois magnifique mais aussi fataliste. Les anachronismes présents dans le récit permettaient de mettre en avant cette idée de fatalité. En effet, il était traité de la surconsommation ou encore de la technologie qui n’est finalement que l’oeuvre du Diable.

Je ne pense pas que ce sera mon dernier Barjavel. Ça a été une très belle découverte !

 

Ma prochaine lecture pour le Pumpkin Autumn Challenge ? The Wicked deep de Shea Enrshaw !

Collège

(collège) Bilan période 1

Etant donné les différents changements opérés dans ma salle depuis le début de l’année, je me suis dit qu’il serait intéressant de dresser un premier bilan à l’issue de cette fin de première période.

Pour que l’on s’y retrouve un peu, je vais diviser mon article en trois parties : îlots, ateliers autonomes et progression annuelle.

Îlots

20190905_100048.jpg Cette année, j’ai choisi une disposition en îlots.

Cela faisait deux ans que j’y réfléchissais sans vraiment oser passer le cap.

Pourquoi ? Peur du bruit, peur du regard de mes collègues, peur de ne pas être capable de gérer ces élèves systématiquement par quatre ou cinq.

Et finalement ? Finalement, je me sens enfin bien dans cette salle. Je me rends compte que l’ancienne disposition dite en « autobus » avait tendance à me crisper. J’avais l’impression d’être dans une confrontation constante avec les élèves. La lecture de l’ouvrage de Marie Rivoire, Travailler en îlots bonifiés a été pour moi un électrochoc. Je me suis dit : et pourquoi pas ?

Avec une fiche de participation par îlot et un cadre ferme, rien n’empêche de travailler en îlot dans une salle de classe. Bien entendu, il y a des classes avec lesquelles ça va mieux passer que d’autres.

Petit bilan pour chacune de mes classes :

6ème : Ce sont encore des élèves de CM2 (tout du moins jusqu’en janvier), ils sont parfois agités et un peu bavards. Toutefois, ayant exactement les mêmes échos dans les autres cours où la disposition est « normale », je ne m’inquiète pas particulièrement. Ils ont néanmoins encore un peu de mal avec la gestion de la fiche îlot. Je reviendrais dessus avec eux à la rentrée.

Mes deux 5èmes : La participation est encore inégale mais mes élèves font de plus en plus d’efforts. Les cinquièmes commencent vraiment à se saisir de la fiche îlot. La seule difficulté qui est encore présente : le travail de groupe. Certains s’y refusent totalement.

4ème : Ils se sont parfaitement saisis de la méthode et de la fiche îlot. J’ai une classe très active à l’oral et tout se passe pour le mieux.

Pour le moment, le bilan est donc plus que satisfaisant. J’arrive à les faire travailler dans de bonnes conditions.

Seule chose qui aurait pu poser problème et qui finalement n’en pose pas : je partage ma salle avec une collègue de langue. Heureusement pour moi, je m’entends bien avec elle et elle a accepté de me suivre dans ma petite aventure. Elle n’est toutefois pas encore très à l’aise avec cette disposition. Nous en avons longuement parlé en début d’année et je lui ai donné tous mes documents afin de lui laisser la possibilité de les utiliser. Quand vous mettez votre salle en îlot, il faut absolument communiquer de manière à ce que vos collègues ne se retrouvent pas devant le fait accompli.

Ateliers autonomes

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Concernant mes ateliers autonomes, le bilan n’est pas aussi positif.  Je l’avoue, j’ai manqué en partie de temps. J’ai pu expliquer le fonctionnement de mes ateliers à mes deux cinquièmes, une partie de mes sixièmes…Et c’est tout. 

C’est un point sur lequel il va vraiment falloir que je travaille dès la rentrée. Toutefois, l’idée demeure bonne. Lorsque le CROSS a été annulé, j’ai proposé à mes cinquièmes de s’emparer des ateliers autonomes. J’ai été agréablement surprise de voir qu’ils étaient très emballés. Ils travaillaient ainsi de manière différente et sans même s’en rendre compte.

Un seul point qu’il faudra retravailler : la gestion du bruit. Ils étaient tellement contents qu’ils avaient du mal à gérer le volume sonore.

Bref, s’il y a un point à retravailler, améliorer, vraiment mettre en place à la rentrée, c’est ça.  Il faut que je m’accorde le temps de présenter les ateliers à tous mes élèves…même s’ils sont 30 par classe.

Progression annuelle

 

Le bilan est assez mitigé. Je suis quelqu’un d’assez lente. Faire dix chapitres en une année ne correspond pas du tout à mon mode de fonctionnement. J’ai encore bien du mal à réduire même si je me suis améliorée en partie depuis que j’ai commencé à enseigner.

Mes sixièmes ont fini leur premier chapitre, les cinquièmes s’approchent de la fin du leur et les quatrièmes aussi. J’ai manqué de temps en partie à cause de mes deux jours de formation, du CROSS annulé et reporté et de la journée d’intégration 6ème. A la rentrée, ce ne sera pas mieux puisque je suis en sortie avec mes sixièmes au Musée Rodin et au Musée du Quai Branly dans le cadre de notre projet annuel.

Les quatrièmes sont un peu en retard sur la progression car le projet média nous mange pas mal de temps…et avec 4h30 par semaine, ce n’est pas toujours évident.

Pour autant, j’ai réussi, dans toutes mes classes, à instaurer la phrase du jour et à rendre mes élèves autonomes. Je ne gère plus la correction depuis deux semaines, ils font tout eux-mêmes et ce n’est pas plus mal. Les carnets d’écrivain sont eux aussi mis en place et les bonnes habitudes de travail commencent peu à peu à entrer dans la tête de tout le monde.

 

En conclusion, le bilan est assez positif dans l’ensemble. Il y a encore deux trois petites choses que je n’ai pas réussies à mettre en place. Pour autant, je suis assez satisfaite de cette première période. J’ai voulu changer énormément d’éléments en une seule fois et je me rends bien compte qu’il reste une marge de progression. Mais est-ce si grave au fond ? Non. J’avance, mes élèves avancent et c’est tout ce qui compte.

Et vous, votre première période ?

Collège

(collège) Classe média – EMI

Comme prévu, je reviens vers vous après mes deux jours de formation au CLEMI. Nous avons été accueillis à Champigny sur Marne dans l’atelier Canopé. Autant vous dire qu’il s’agissait du bout du monde pour nous qui venions du sud Seine et Marne.

Pour autant, cette formation en valait vraiment la peine car elle nous a permis de nous mettre au clair sur ce que nous voulions pour notre classe média.

Calendrier

Concernant le calendrier, nous avions monté notre projet au mois de Juin dernier. Attention, il faut être très réactif car nous avions à peine eu une petite semaine pour compléter le document, le faire signer et commenter par le chef d’établissement puis l’envoyer au CLEMI qui nous a donné une réponse courant Septembre.

Ce qu’est une classe média / Ce que n’est pas une classe média

Une classe média, c’est  : équipe pluridisciplinaire où le professeur documentaliste est au cœur du dispositif car il est le seul de l’équipe pédagogique à avoir eu une réelle formation concernant l’Education aux médias et à l’information. C’est un projet annuel avec comme objectif le fait de travailler des compétences transversales. Il faut aussi trouver des activités générant l’intérêt des élèves.

 Ce que n’est pas la classe média : Ce n’est ni une spécialité ni une option et cela ne se rajoute pas à l’emploi du temps. On ne va pas en faire des spécialistes. Pour finir, ce n’est pas un projet clé en main mais c’est plutôt quelque chose qui évoluera au fur et à mesure de l’année.

Ainsi, attention, une classe média doit trouver sa place au sein de nos heures de cours.

Le binôme référent

Référent obligatoire : professeur documentaliste + un/e collègue d’une autre discipline.

Son rôle va être de coordonner le projet. Il devra être au courant de ce qu’il se passe dans les autres matières. Il faudra mettre en place des moments de concertations. Ce sont deux personnes qui vont faire le lien avec le CLEMI. Le CLEMI va  attendre une grande réactivité du binôme référent car il  fera des propositions en lien avec le projet. Cela peut arriver que ce soit le jour pour le lendemain. Ce que le CLEMI nous propose, c’est ce que nous proposent les médias. Il faut prendre en compte que les médias ne se rendent pas compte de la temporalité des établissements.

L’équipe de direction doit absolument faire partie de la boucle.

Production des élèves

Il faut leur demander des productions modestes qui aboutiront rapidement.
– Il vaut mieux éviter de prévoir des activités trop longues car on court le risque de perdre les élèves.
– Associer les élèves aux contraintes calendaires.
– Nous devons être dans l’apprentissage par l’expérience : « learning by doing ».

 Les élèves doivent absolument être actifs et être auteurs du projet. Il faut éviter à tout prix le cours théorique et partir de démarches pratiques. L’idée est de leur faire comprendre et toucher du doigt ce qui signifie le circuit de l’information.

Atelier Info & intox

A savoir :

– Le Gorafi (décrypter ce qui est vraisemblable de ce qui ne l’est pas).
– Le ministère finance des résidences de journalistes en donnant des moyens aux collectivités territoriales en lien avec le service culture, la médiathèque de notre commune). Le lieu d’accueil est la médiathèque (allant des plus jeunes au plus âgés).
Plan à destination des médiathèques : on leur demande de faire de l’éducation aux médias.

Définition Information : une information doit répondre à trois critères : elle doit être d’intérêt pour le public, factuelle et vérifiée.

Le DECODEX est un service proposé par le journal Le Monde qui fait de la vérification d’informations. (https://www.lemonde.fr/verification/) Il suffit d’y rentrer l’URL d’un site pour lequel on se demande si l’information est vérifiée et ils vérifient l’information.

D’où vient le mot infox ? Voir site langue-française TV5 monde : « parlons peu, parlons bien » (cliquez ici pour voir la vidéo)

– Mot valise créé à partir d’information & intoxication pour traduire le mot « fake news ».
– « fake » : faux & trompeur. Délibérément fausse mais vraisemblable.

Cas d’école : Affaire Dupont de Ligonnès

C’est énorme en terme de mobilisation par rapport à ce qu’il se passe d’autres dans le monde (notamment le conflit entre les Kurdes et les Turcs).

Quand certaines informations erronées sont diffusées avec d’autres intentions et que les faits diffusés sont inexacts, on peut avoir affaire à des auteurs qui ne reviennent pas sur leurs propos et ne s’excusent pas. C’est une faute professionnelle majeure car c’est un manque de crédibilité.

Il est important de comprendre alors le circuit de l’information : cliquez ici

L’affaire Dupont de Ligonnès, pour le coup, peut être un exemple très utile.

Les infox

Apprendre à la distinguer (la collab’ de l’info) : cliquez ici – la collab’ de l’info

Cette émission est adressée à un public de collégien, de grands collégiens voire des lycéens. Le dispositif est le même : un journaliste et un ou une youtubeur/se est filmé dans les studios de France TV. Vous trouverez sur cette vidéo de nombreuses plateformes permettant de croiser l’information.

Il existe aussi Désintox mis en place par le site Libération

Romain Badouard (université de Cergy Pontoise) a fait sa thèse sur le thème des infox. Il a analysé les bases de données du décodex. On se rend alors compte que les sujets de politique et de santé sont très importants. L’idée est de créer un contenu douteux qui a pour conséquence de générer une réaction sur l’internaute qui va cliquer et chercher à en savoir plus.

Proposition de ressources : exploitations pédagogiques

  • Les modules des observateurs de France 24 (même chose en Anglais, en Espagnol, en Arabe)

http://www.viewpure.com/qlwN6Jdlng8?start=0&end=0

  • Histoire des fausses nouvelles BnF CLEMI

http://expositions.bnf.fr/presse/pedago/07.htm

Pour vérifier une vidéo : youtube data viewer sur google et ensuite mettre l’URL. Cela nous permet de voir l’origine de la vidéo

Nouvelle chose à la mode les « deep fake » ; c’est un acteur qui parle et on remplace la voix de la personne d’origine. Cela peut permettre de faire dire n’importe quoi à quelqu’un. Une vidéo actuellement à la mode est celle de Barack Obama insultant Donald Trump.


 

Voilà, j’espère avoir pu vous éclairer un petit peu sur le sujet. Peut-être trouverez-vous dans cet article quelques ressources intéressantes que vous pourrez réexploiter avec vos élèves.

Nous nous reverrons sans doute pendant ces congés de Toussaint. Sur ce, je vous souhaite de bonnes vacances !

Challenge·Chroniques - livres·Non classé

Pumpkin Autumn Challenge – Matilda Roald Dahl

Et une nouvelle lecture pour mon Pumpkin Autumn Challenge 2019.  J’en suis donc à ma huitième lecture (chose à laquelle j’ai bien du mal à croire!). J’ai en effet terminé Matilda  de Roald Dahl.  J’aurais pu le faire rentrer dans bon nombre de catégories mais j’a choisi « Les Freaks c’est chic! » et dans la sous-catégorie « Différence » car Matilda est une petite fille bien étonnante. Ainsi, et je ne pensais pas le dire…j’ai lu quasiment deux livres par catégorie !

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Résumé  : Avant même d’avoir cinq ans, Matilda sait lire et écrire, connaît tout Dickens, tout Hemingway, a dévoré Kipling et Steinbeck. Pourtant son exercice est loin d’être facile entre une mère indifférente, abrutie par la télévision et un père d’une franche malhonnêteté. Sans oublier Mlle Legourdin, la directrice de l’école, personnage redoutable qui voue à tous les enfants une haine implacable. Sous la plume tendre et acerbe de Roald Dahl, les événements vont se précipiter, étranges, terribles, hilarants…

Mon avis  : Le livre n’étant pas très long, mon avis sera tout aussi court. C’est une lecture que j’ai beaucoup appréciée. Décidément, j’aime de plus en plus la plume de Roald Dahl. Il s’agit de mon deuxième de cet auteur et je ne regrette absolument pas. On se laisse totalement prendre par l’histoire et on se demande où son imagination va nous mener cette fois-ci.

Le personnage de Matilda est vraiment intéressant. C’est une petite fille très intelligente, qui, à cinq ans, sait déjà lire et compter parfaitement. Pour autant, cela ne la rend pas moins humble. Elle est juste née, comme par une erreur du destin, dans une famille qui n’aurait pas dû être la sienne. Pour autant, elle avance, elle découvre la vie et rien ne semble pouvoir l’abattre.

Concernant l’usage pour un public scolaire : il peut tout à fait être mis entre les mains d’élèves de 6ème voire de 5ème sans problème. Je pense que les enfants s’attacheront à ce personnage un peu hors norme et à ses ruses. En 6ème, cela pourrait justement rentrer dans le cadre de la ruse pour résister aux plus forts et en 5ème dans la partie Famille, amis et réseau.

Encore une fois, je le dis haut et fort, ce ne sera pas mon dernier Roald Dahl, je prends vraiment plaisir à découvrir cet auteur à chacun de ses romans jeunesses et j’aime comment il traite des sujets comme la différence, l’école ou encore la sphère familiale. C’est drôle, c’est poignant et on en sort toujours un peu grandi.